Guy Gilles   Cinéaste français (1938 - 1996)
Guy Gilles

" Dans tous ses films, qui sont des films d'amour et de tourment, les personnages luttent contre le mal de vivre, la fuite inexorable du temps, veulent faire de l'absolu avec de l'éphémère. Et même s'ils ne racontent pas la vie de Guy Gilles, ils sont autobiographiques; une suite de rencontres, les blessures inguérissables d'une passion récurrente. "

Jacques Siclier

Critiques

La vie filmée : Septième partie, 1946-1954

Que sont devenus les auteurs et les acteurs des films amateurs que nous a présentés cette série originale? Guy Gilles, jeune réalisateur du Jardin qui bascule au cinéma, répond à cette question et nous présente un enfant devenu un homme, qui fut le personnage important d'une séquence diffusée. On fait également connaissance avec deux des nombreux cinéastes qui ont contribué à ce travail de montage.
Dans ce dernier volet, on découvre le désir chez de nombreux auteurs de créer un ensemble cohérent : l'amateurisme approche ici le documentaire, comme dans ce long reportage d'un prêtre sur sa région, par exemple.
Outre les séquences habituelles de vie de famille, les films évoquent avec une certaine précision les événements importants de la période 1946-1954, dont les multiples grèves (47, grèves des mineurs, 48, des métros et autobus), ainsi que les inondations à Paris en 1954.
La Vie filmée se termine par un retour en arrière, en 1911 précisément, c'est-à-dire encore avant le début de la série, sur un document tourné par le grand-père de Mme Tellier que l'on a pu voir à plusieurs reprises pendant l'émission. On retrouve enfin cette dame, chez elle à Saint-Lieu, s'entretenant avec Agnès Varda et Guy Gilles.

Télérama.


La Vie Filmée

7e et dernière émission : 1947-1955.
Réalisation : Guy Gilles. Commentaires : Agnès Varda. Illustration musicale : Betty Willemetz.

Deux cinéastes ont participé à cette dernière émission : Guy Gilles, le réalisateur, et Agnès Varda qui se charge du commentaire (dans les émissions précédentes, le commentaire avait été assuré par un écrivain). “Nous avons voulu faire une œuvre de réflexion sur le cinéma d’amateur de cette époque, précise Guy Gilles. D’autre part, nous voyons pour la première fois au cours de l’émission des personnes qui ont été filmées ou qui ont réalisé des films que nous projetons”.
Ainsi, le petit garçon que l’on découvre sur le générique s’appelle Clo-Clo. C’est maintenant un adulte dans la force de l’âge que nous découvrons en cours d’émission. Nous faisons également connaissance avec Mme Tellier, de Saint-Leu-d’Essent (Oise). C’est probablement elle qui a envoyé le plus de documents pour cette “Vie filmée”. Et c’est elle qui clôture cette série avec un film tourné par son père en 1911 (c'est le plus vieux document de la série) à l'occasion d'un corso fleuri (sorte de cavalcade, de fête des fleurs) à Saint-Leu-d'Esserent.
Autre invité : le curé de Notre-Dame-du-Touchet (Manche) qui a envoyé un documentaire sur la vie de son village.
Encore une innovation pour cette émission : l'illustration musicale qui accorde une grande place aux chansons. C'est ainsi que nous pouvons entendre : "Ma petite folie" par Jean Bretonnière, "Etoile des neiges" par Ginette Garcin, "La vie en rose" par Edith Piaf, "Domino" par Lucienne Delyle.
* Contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette "Vie filmée" ne constitue pas une opération particulièrement bon marché. La plupart des documents envoyés par les amateurs étaient tournés en 9,5 mm, en 8 mm ou en Super 8. Il a donc fallu les "gonfler" pour les diffuser. D'autre part, les vieux films en 9,5 mm ne comportaient que seize images par seconde. Pour éviter un passage trop saccadé à l'écran, il a fallu intercaler des images supplémentaires. A cela, il faut ajouter les copies de travail (il n'était évidemment pas question de travailler sur les originaux). Au total, un travail de laboratoire énorme : chaque émission revient à environ 200.000 F (20 millions anciens).

Vendredi 5 septembre, FR3. Télépoche